Le
tintamarre

On associe notre célèbre Tintamarre à une tradition
du Moyen âge qui consiste à faire du bruit pour marquer des événements,
tristes ou joyeux. Mais l'origine de cette manifestation est bien plus
jeune, car il ne date que depuis 1955, lors des fêtes du bicentenaire de
la déportation des Acadiens.
La première mention
d’un tintamarre acadien fut le 10 août 1955 dans un dépliant à
l’occasion de l’ouverture des fêtes du bicentenaire de la déportation
des Acadiens. Dans ce dépliant intitulé "Prière et instructions pour
l'ouverture des fêtes du bicentenaire acadien, 10 août 1955",
l'Archevêque de Moncton, Mgr Norbert Robichaud, demande aux Acadiens et
aux Acadiennes de manifester bruyamment leur
présence.
En 1979, la Société
Nationale des Acadiens (qui deviendra Société Nationale de l’Acadie en
1992) pour l’occasion des fêtes du 375e anniversaire de la fondation de
l’Acadie, propose de faire revivre cette coutume acadienne qui consiste
à célébrer en faisant le plus de bruit possible avec des instruments
improvisés. Depuis, dans toutes les communautés acadiennes de
l’Atlantique le 15 août à 18h00, les Acadiens et Acadiennes
manifestent dans les rues par un défilé de gens ou automobiles en
faisant le plus de bruit possible avec des instruments que seule
l’imagination peut décrire. Les gens se maquillent et portent des
costumes aux couleurs du drapeau acadien. Les enfants comme les plus
grands font la fête.
C’est de cette façon
que les Acadiens manifestent leur fierté acadienne et expriment chaque
année par un tintamarre le 15 août à 18h00. Le Tintamarre est maintenant
une tradition qui veut que les Acadiens se fassent entendre, se
rencontrent et s’affirment.
Instruction sur l'ouverture officielle des fêtes
Mercredi, le 10 août à 7 heures du soir (19h00), les cloches de toutes les églises sonneront pendant deux minutes pour annoncer l'ouverture officielle des fêtes du bicentenaire acadien. Dés que les cloches commenceront à sonner, chaque famille se mettra à genoux, dehors, devant sa maison, et récitera à haute voix la belle prière du bicentenaire. Une fois la prière terminée, on fera pendant plusieurs minutes, un joyeux tintamarre de tout ce qui peut crier, sonner et faire du bruit: sifflets de moulin, klaxons d'automobiles, clochettes de bicyclettes, criards, jouets, etc. Au même moment, on hissera partout et à toutes les maisons, le drapeau acadien. Ce drapeau restera hissé jusqu'au soir du 15 août.
Prière
Seigneur, Dieu
tout-puissant, Maître absolu du ciel et de la terre, écoutez en ce
moment la voix de nos clochers et la prière de nos coeurs. Nous
sommes agenouillées dans un geste de foi et de reconnaissance. Il y a
deux cents ans, nos aïeux étaient chassés de leurs pays. Vous savez,
vous, ô mon Dieu, ce qu'ils ont enduré et souffert. Vous ne les avez
pas abandonnés. Vous avez donné le courage aux martyrs, l'espérance aux
captifs, la résignation aux mourants et la grâce de pardonner. Vous
avez béni leur descendance. Vous avez rebâti le peuple acadien et vous
lui avez donné comme héritage la foi catholique. Merci, mon Dieu,
merci pour nos épreuves, merci pour notre survivance. En ce jour
mémorable, les Acadiens vous adorent et se consacrent entièrement à
votre service. Nous promettons d'obéir à vos lois et de vivre
toujours en bons chrétiens. Nous remettons entre vos mains notre sort
et nos vies; nos propriétés et nos entreprises; nos paroisses et nos
écoles; notre clergé et nos institutions; nos vieillards, nos pères et
mères de famille, notre jeunesse, nos enfants. Bénissez notre peuple.
Éclairez nos chefs. Convertissez nos pécheurs. Donnez le ciel à nos
chers disparus. Gardez notre pays catholique et français. Qu'il soit
à jamais le royaume du Christ et le royaume de Marie, notre mère du
ciel. Ainsi soit-il
Mgr Norbert Robichaud
Archevêque de
Moncton